La sécurité hivernale des aînés commence à l’extérieur, là où la glace cause une grande part des chutes, et se poursuit jusqu’à la trousse d’urgence rangée dans la maison. Nous vous proposons ici un parcours concret, de la porte d’entrée au salon, pour aborder l’hiver québécois avec plus de tranquillité d’esprit.
Points clés
- Le tiers des aînés de 65 ans et plus fait une chute chaque année, et l’hiver accroît le risque à l’extérieur.
- La glace est la principale cause environnementale des chutes extérieures à Montréal, surtout de décembre à février.
- Crampons, petits pas et mains libres aident à garder l’équilibre sur les surfaces glacées.
- Cheminée ramonée avant l’hiver : c’est une recommandation du gouvernement du Québec, tout comme les crampons et la trousse d’urgence.
- Trousse d’urgence, téléphone portable chargé et aucun appareil à combustible à l’intérieur en cas de panne.
- Quand l’escalier extérieur devient un obstacle, une rampe ou une plateforme élévatrice peut être envisagée avec une évaluation sans frais.
Pourquoi l’hiver augmente le risque de chute chez une personne âgée
L’hiver multiplie les occasions de glisser, surtout dehors. Selon la Direction régionale de santé publique de Montréal, le tiers des aînés de 65 ans et plus fait une chute chaque année. Parmi ceux qui chutent, 4 sur 10 devront être hospitalisés.
Le portrait des chutes extérieures montréalaises est parlant. De 2016 à 2020, on a répertorié 4892 chutes extérieures en trois mois (décembre à février), contre 8706 sur les neuf autres mois. La glace en est la principale cause environnementale.
Les données canadiennes vont dans le même sens. Selon le rapport de surveillance de l’Agence de la santé publique du Canada, 61 % des aînés blessés sont tombés en marchant. De plus, 18 % des blessures se sont produites sur la glace ou la neige, et 12 % dans les escaliers ou les marches. Les fractures comptent pour 39 % des blessures liées aux chutes. À l’échelle du pays, l’Agence a aussi calculé que les chutes représentent 87 % des hospitalisations liées à des blessures chez les aînés (Canada sans le Québec).
Ces chiffres ne sont pas une fatalité. Ils indiquent surtout où agir en premier, et les conseils qui suivent respectent cet ordre, du plus grand risque au plus petit. Pour mieux comprendre l’enjeu, consultez notre texte sur les risques de chutes et leurs conséquences.

Marches dégagées, abrasif, éclairage et deux mains courantes : l’entrée prête pour la première glace.
L’escalier extérieur et l’entrée : la priorité avant la première glace
Commencez par l’endroit où la chute est la plus probable : le perron, l’escalier, l’entrée et le stationnement. La DRSP rappelle que les chutes extérieures surviennent surtout dans les stationnements, sur les trottoirs et dans les parcs. Elles se produisent également dans les escaliers, les ruelles et dans la cour, chez soi.
Déneigement, abrasif et éclairage
Le déneigement vient en premier. Déneigez tôt et complètement, puis épandez un abrasif sur les marches et le palier avant que la glace ne s’installe. Vérifiez ensuite l’éclairage de l’entrée. C’est un détail qui compte. Une lumière qui s’allume à la tombée du jour permet de bien voir chaque marche, même en rentrant tard.
Les repères de la section 9.8 du CNB 2025 pour les mains courantes d’un escalier extérieur.

Des mains courantes solides, des deux côtés si possible
Assurez-vous que la main courante ne bouge pas quand on s’y appuie. Une main courante stable donne un appui sûr et améliore la stabilité à la montée comme à la descente. Selon la section 9.8 du Code national du bâtiment 2025, une main courante est exigée sur un escalier extérieur de plus de 3 contremarches desservant un logement. Sa hauteur doit se situer entre 865 et 1070 mm. Le dégagement avec le mur doit atteindre au moins 50 mm (60 mm si la surface est rugueuse).
Une rampe dont la dénivellation dépasse 400 mm exige aussi une main courante. Au Québec, c’est la RBQ qui administre le Code de construction. Une main courante de chaque côté reste un atout, car on s’appuie parfois avec la main gauche, parfois avec la droite, selon le sens du trajet.
Chaussures, crampons et façon de marcher sur les surfaces glacées
De bonnes chaussures à semelles antidérapantes et des crampons aident à garder l’équilibre dehors. Les crampons sont très utiles sur la neige dure et la glace, et la plupart des pharmacies en vendent. Les bottes méritent aussi votre attention. Choisissez des bottes chaudes, bien ajustées, qui tiennent la cheville sans la serrer.
La façon de marcher compte autant que l’équipement. La DRSP de Montréal conseille de :
- faire de petits pas en traînant presque les pieds;
- garder les pieds écartés en V et se pencher légèrement vers l’avant;
- sortir les mains des poches pour garder l’équilibre;
- transporter les achats dans un sac à dos et avancer lentement.
Rien ne presse sur une surface glacée. Prendre son temps est la meilleure habitude à adopter chaque matin d’hiver.

Un banc, un tapis et un plateau : on retire les crampons assis, dès la porte.
Le vestibule : enfiler bottes et crampons en sécurité
L’entrée intérieure est un maillon souvent oublié de la sécurité hivernale. Les crampons ne se portent jamais à l’intérieur, car ils rendent les planchers dangereux. On les met et on les enlève assis, sur un tapis d’entrée, comme le recommande la DRSP.
Un banc stable près de la porte simplifie tout. Il permet d’enfiler les bottes sans se tenir sur une jambe. Un tapis absorbant et bien fixé retient la neige et l’eau, ce qui évite un plancher mouillé et glissant. Pour d’autres idées dans toutes les pièces, nos 12 ajustements à faire dans la maison pour prévenir les chutes complètent bien cette étape.
Système de chauffage et froid extrême : garder la maison chaude
Un système de chauffage en bon état est la base d’un hiver serein. Le gouvernement du Québec recommande, avant l’hiver, de faire ramoner la cheminée. Il est sage de faire aussi vérifier l’appareil de chauffage par un professionnel avant les grands froids.
Gardez ensuite la maison chaude de façon constante et assurez-vous que la température reste confortable dans les pièces où l’aîné passe ses journées. Superposez des vêtements chauds à l’intérieur, surtout le soir, et gardez un jeté à portée de main au salon. Ces petits gestes aident à conserver la chaleur corporelle sans dépendre uniquement du chauffage.
Le froid extrême et l’hypothermie relèvent de la santé, pas de l’adaptation domiciliaire. Si vous avez des questions sur votre situation ou celle d’un proche, parlez-en à un professionnel de la santé. La page du gouvernement du Québec sur la tempête hivernale donne aussi des renseignements officiels.
Tempête hivernale et panne : la trousse et le téléphone portable
Un nécessaire d’urgence prêt avant la tempête hivernale évite bien des soucis. Selon les autorités provinciales, elle contient de l’eau potable, de la nourriture non périssable, une lampe de poche, une couverture et des articles de premiers soins. Ajoutez des lampes de poche à piles, avec des piles de rechange, plutôt que des chandelles.
Lorsqu’une tempête est annoncée, prévoyez un éclairage d’appoint et vérifiez que vous avez assez de médicaments d’ordonnance. Gardez votre téléphone portable chargé et à portée de main, sur la table de chevet ou dans une poche. Si le courant saute, vous pourrez joindre vos proches ou demander de l’aide.
Monoxyde de carbone : une règle simple
Ne jamais utiliser un barbecue ou un appareil à combustible à l’intérieur, car ils produisent du monoxyde de carbone. Une génératrice s’installe dehors, loin des portes, des fenêtres et des prises d’air.
Prendre des nouvelles des proches qui vivent seuls
Un appel suffit souvent. Un simple coup de fil avant et pendant la tempête rassure tout le monde. Les autorités invitent d’ailleurs à prendre des nouvelles des proches qui vivent seuls. Si vous êtes proche aidant, convenez d’un moment d’appel et d’une personne à contacter si le parent ne répond pas.
Pelletage : déléguer plutôt que forcer
Pelleter fatigue. Le pelletage demande un effort intense, et le mieux est souvent de le confier à quelqu’un d’autre. Un voisin, un service de déneigement ou un membre de la famille peut s’en charger. Cela libère l’aîné d’un effort et lui évite de sortir sur une surface glissante.
Si le pelletage reste une option, le gouvernement recommande une pelle légère à manche ergonomique ou un pousse-neige. Il conseille de ne pas soulever la neige plus haut que 4 pieds (1,3 m), de prendre des pauses et d’éviter de pelleter après avoir mangé. Il suggère aussi de vérifier son risque cardiaque avec son médecin avant de pelleter. Cette question relève de la santé et se discute avec un professionnel.
Quand l’escalier devient un obstacle : rampe ou plateforme élévatrice
Vient parfois un tournant. L’escalier extérieur n’est alors plus seulement glissant, il devient difficile à franchir. Une rampe d’accès ou une plateforme élévatrice extérieure peut alors rendre l’entrée et la sortie plus sûres en toute saison. Ces équipements adaptés réduisent les risques liés aux marches glacées, puisqu’il n’y a plus de marches à franchir. Notre comparatif rampe ou plateforme élévatrice : que choisir vous aide à y voir clair.
En Mouvement est une entreprise de Laval qui œuvre depuis plus de 20 ans en adaptation domiciliaire. Nous détenons la licence RBQ 14.2 (appareils élévateurs pour personnes à mobilité réduite) et installons des rampes, des plateformes élévatrices et des sièges d’escalier. Un programme d’aide existe peut-être pour votre situation : voyez la subvention du Programme d’adaptation de domicile.
Si l’entrée de votre domicile ou de celui de votre parent vous préoccupe, demandez une évaluation sans frais auprès d’un conseiller En Mouvement.
Questions fréquentes sur la sécurité hivernale des aînés
Quand faut-il préparer la maison pour l'hiver?
Avant la première glace. C’est le bon moment. Faites vérifier le chauffage, ramoner la cheminée, procurez-vous des dispositifs antidérapants et rassemblez vos provisions. Vérifiez aussi l’éclairage et les mains courantes de l’entrée.
Les dispositifs antidérapants conviennent-ils à toutes les situations?
Ils sont très utiles sur la neige dure et la glace. Il faut toutefois les retirer dès l’entrée, assis, sur un tapis, car ils abîment et rendent glissants les planchers.
Que prévoir en cas de panne?
Prévoyez de l’eau potable, de la nourriture non périssable, des lampes de poche à piles, une couverture et des articles de premiers soins. Ajoutez vos médicaments d’ordonnance en quantité suffisante.
Comment aider un parent qui vit seul sans le brusquer?
Proposez d’abord une aide précise, comme le déneigement ou des courses. Prenez ensuite de ses nouvelles régulièrement, surtout avant et pendant une tempête. Le ton de la complicité fonctionne mieux que celui de l’inquiétude.
Une main courante est-elle obligatoire sur un escalier extérieur?
Selon le Code national du bâtiment 2025, elle est exigée sur un escalier extérieur de plus de 3 contremarches desservant un logement. Pour valider votre cas, informez-vous auprès de la RBQ ou d’un professionnel du bâtiment.
